ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009

Publié par Rémy Devaureix le 11 novembre 2009

Presque 30 ans après l’apparition de la formidable Quattro Coupé, Audi se remet au cinq cylindres. C’est en effet la TT qui bénéficie du tout nouveau moteur 2,5 litres suralimenté par turbocompresseur et injection directe d’essence. En association avec la transmission intégrale permanente quattro et un châssis haute performance, la marque d‘Ingolstadt vient frapper un grand coup dans le segment très fermé des coupés compactes. Apporte t-elle la petite graine d’agrément supplémentaire qui aurait pu manquer à la version TTS ? Sera-t-elle assez convaincante pour prétendre faire face à la Porsche Cayman S ou à la BMW 135i ? Voici l’essai d’un objet magnifique !

ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009

ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009

ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009

Le TT RS en version coupé est tout simplement sublime. Elle sait allier la classe au sport avec brio sans jamais dépasser la limite du faste et de la frime.
ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009

ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009

ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009

Bouclier, jantes, aileron arrière optionnel, l’Audi TT RS sait se distinguer et affirmer sa rage.
ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009

ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009

ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009

ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009

L’ergonomie impeccable, la qualité dans le choix des matériaux et les finitions sont typiques d’Audi ! Notez le volant à méplat, le pédalier et les sublimes sièges baquets !
ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009
A l’arrière, il n’y a que de petits enfants qui pourront passer derrière les sièges avant et s’assoir mais je vous conseille vivement de réserver cet espace comme un coffre secondaire.
ESSAI: Audi TT RS Coupé 2009
D’une cylindrée de 2 480 cm3, le moteur 5 cylindre turbo développe une puissance de 340 ch sur une plage de 5 400 à 6 500 tr/min. Le couple maximal s’élève à 450 Nm dès 1 600 tr/min et reste constant jusque 5 300 tr/min. Autant vous le dire tout de suite,  ce moteur semble inépuisable !

Design

Le TT RS en version coupé est tout simplement sublime. Elle sait allier la classe au sport avec brio sans jamais dépasser la limite du faste et de la frime. Le corps en tôle puissant et les surfaces bombées toniques, limitées par des lignes très nettes, dessinent une sculpture en plein mouvement.

A l’avant, on retrouve la fameuse calandre Singleframe entourée d’un cadre style aluminium mat. Le support à losanges noirs, qui porte le badge TT RS, brille discrètement de même que les grandes prises d’air latérales. Le turbocompresseur est alimenté en air par la partie supérieure de la calandre Singleframe, le refroidisseur d’air de compression est situé derrière le segment inférieur de la calandre.

Sur demande, Audi peut laquer le splitter en style aluminium, tout comme la lèvre moulée du cache de diffuseur et le support d’aileron à l’arrière. D’ailleurs, sachez juste que l’aileron n’a strictement aucune influence sur l’aérodynamique de l’engin.

Sur la TT RS, des projecteurs xénon plus sont de série. Ils sont accentués par les feux de jour dont les douze LED forment une ligne droite. Ainsi dotée, le coupé allemand est étincellant de beauté.

De profil, l’Audi TT RS se distingue par ses magnifiques roues de 19 pouces à 5 batons en aluminium coulé (de série, elle sont en 18 pouces), son système de frein véloce (disques percés à l’avant et étriers à 4 pistons laqués noir) ainsi que par les bas de caisse élargis. De série, les boîtiers des rétroviseurs extérieurs sont de style aluminium mat.

Le pare-chocs arrière intègre un faux diffuseur en nid d’abeille plutôt limite, englobant les deux sorties d’échappement ovales de grande taille mais encore discrètes pour leur part. A l’arrière, un monogramme TT RS est également présent.

Vie à bord

En ouvrant la porte conducteur, je ne peux qu’admirer le style clair et sportif de l’habitacle. L’ergonomie impeccable, la qualité dans le choix des matériaux et les finitions sont typiques d’Audi. Le coupé allemand se distingue par des éléments tout simplement magnifiques, à l’image des cadrans encastrés dans des tubes, le bouton tournant de la climatisation automatique et les diffuseurs ronds.

La TT RS présente d’autres détails toujours aussi charismatiques. Le système d’information du conducteur de série comporte un menu spécial avec affichage numérique de la pression de suralimentation et de la température d’huile ainsi qu’un laptimer pour compter les temps lors des tours sur circuit de course. Le volant multifonctions cuir sport à trois bras et couronne plus épaisse a une partie inférieure aplatie, comme dans une voiture de course, et est revêtu de cuir perforé avec coutures argent. Même si le méplat n’est pas des plus ergonomique, son maniement est plus qu’agréable et les réglages sont parfait !

Je m’installe à bord et je constate instantanément une position de conduite basse idéale avec les jambes presque totalement allongées. Les sièges baquets en cuir nappa noir (en option à 3 450 € tout de même) disposent de renforts latéraux puissants et offrent un maintien parfait. On regrette cependant qu’ils ne disposent pas de réglages électriques comme dans une RS4 ou RS6.

A l’arrière, il n’y a que de petits enfants qui pourront passer derrière les sièges avant et s’assoir mais je vous conseille vivement de réserver cet espace comme un coffre secondaire.

Des applications décoratives en aluminium mat brossé sont de série, le repose-pied et les pédales sont de style aluminium et c’est du grand art ! Les baguettes de seuil, le compte-tours et le volant s’ornent du monogramme TT RS ; des bordures argent entourent les tapis de sol et les poignées de porte sont formées de deux minces barrettes; un détail typique que l’on aime retrouver sur ce modèle RS Audi.

Moteur

La belle Audi TT-RS se dote d’un cinq cylindres en ligne rappelant celui de l’Audi Quattro, à la différence près qu’il n’est plus placé à l’extrémité avant de l’auto mais en position transversale. Bien entendu, le moteur de la RS est de conception entièrement nouvelle. Même s’il dérive du moteur de la Volkswagen Jetta américaine,  il est réalisé en fonte graphite vermiculaire alliant rigidité extrême et poids faible, une première sur un moteur essence.  L’injection directe FSI dérive tout simplement du V10 de la magnifique R8!

Grâce à une suralimentation par turbocompresseur efficace (taux de compression de 10 :1), la pression s’élève à 1,2 bar ce qui offre un remarquable taux de rendement. Au final, ce 5 cylindres turbo très compact et léger (183 kg) d’une cylindrée de 2 480 cm3 développe une puissance de 340 ch sur une plage de 5 400 à 6 500 tr/min. Le couple maximal s’élève à 450 Nm dès 1 600 tr/min et reste constant jusque 5 300 tr/min. Autant vous le dire tout de suite,  ce moteur semble inépuisable !

Sur le cycle européen normalisé, le coupé allemand consomme en moyenne 9,2 litres/100 km. Pour ma part, j’ai plutôt enregistré une moyenne de 12 litres/100 km, ce qui reste excellent pour un moteur aussi performant ! La Focus RS que j’ai quitté récemment demandait deux litres de plus…

J’allais oublié de parler du petit bouton « Sport » sur la console centrale. Malgré sa discrétion, ce mode activé ouvrira un volet et permettra à l’échappement d‘émettre une sonorité racailleuse très ennivrante, d’optimiser la réponse à l’accélération et même de modifier la viscosité de l’huile et raffermir les amortisseurs pilotés électroniquement (une option).

L’ordre d’allumage 1-2-4-5-3 (une alternance de cylindres qui se jouxtent et de cylindres plus distants) est également à l’origine du rythme et de la sonorité caverneuse très particulière du cinq cylindres, à laquelle contribue aussi la configuration des tubulures d’admission et d’échappement.

De son côté, la boite de vitesse manuelle à six rapport ne m’a pas vraiment déçu. Même si sa précision est aléatoire et vous embêtera lors des passages rapides, les rapports sont bien étagés, relativement courts et le levier tombe parfaitement sous la main. Bref, un vrai régal !
Avec un poids total de 1 450 kg, le rapport poids/puissance ne dépasse pas les 4,3 kg/ch. Un chiffre suffisant pour mettre sur le carreau les Porsche Cayman S, BMW 135i, Mercedes SLK 55 AMG et offrir des performances dignes d’une Audi R8 V8 ! En effet, le 0 à 100 km/h égale les 4,6 secondes du monstre allemand. L’Audi TT RS se permet même de lui prendre un dixième sur l’épreuve des 1000 mètres départ arrêté (23,7 secondes) !

Comportement

Les premiers tours de roue à bord de l’engin me permettent de jauger la direction. Suffisament rapide et précise, elle aura malheureusement le défaut de filtrer un peu trop les qualités d’adhérence de l’engin. Conséquence : aucune remontée de couple dans le volant mais l’Audi TT RS parait plus lourde qu’elle en a l’air.

Je me dirige vers les routes sinueuses du Loiret (oui oui, ça existe). Facile, c’est le premier mot qui me vient à l’esprit lorsque je ré-accélére en sortie de courbe. En abordant les virages un peu plus sérrés de mon tracé, je note un petit sous-virage qui m’empêche de reprendre suffisament tôt. La répartition des masses de l’auto (60/40) ne favorise pas l’arrière ce qui altère quelque peu la jovialité de la bombe d’Ingolstadt. Se prendrait-elle pour une traction ? Quand même pas car en désactivant totalement l’ESP, le survirage sera moins timide et satisfera bon nombre de pilotes. Outre cet aspect habituel sur les quattro, l’auto est tout simplement diabolique d’efficacité, facile à dompter, le grip est phénoménale et la motricité est un modèle du genre !

La puissance des freins est tout à fait correct pour un usage routier mais l’endurance n’est pas le point fort des disques en utilisation « racing ». De même, la sensation d’assistance da
ns la pédale m’a surpris, j’aurai préféré une pédale bien plus ferme avec peu de course.
En regardant la fiche technique, on constate que le système Torsen n’étant pas compatible avec les moteurs en position transversale. Par conséquent, la RS reçoit un système Haldex de 4ème génération qui peut envoyer jusqu’à 50 % du couple au train arrière selon le mode de conduite ou les conditions climatiques.

De son côté, l’ESP est conçu pour une conduite dynamique et peut être désactivé en deux temps. Dans le premier temps, le mode sport, le système n’intervient pas sur le moteur pour contrôler la traction et les effets stabilisants exercés par les freins sont retardés. Dans un second temps, le système ESP est complètement désactivé.

Conclusion

Affichée à partir de 59 900 € (69 020 € pour notre modèle d’essai), l’Audi TT RS vise la Porsche Cayman S (3 000 € plus chère) en termes de tarifs. Même si l’excellent moteur, la beauté et la qualité de construction du coupé allemande sont sans le moindre reproche, le prix de cette sportive semble disproportionné par rapport à une BMW Z4sDrive35i (10 000 € moins chère) ou même une Nissan 370Z (20 000 € de différence) affichant 330 ch. L’Audi TT RS est une voiture polyvalente au tempérament unique, de grande classe et d’une efficacité redoutable. Malheureusement, comme beaucoup d’Audi, il lui manque encore la petite dose de fun propre aux grandes sportives.

Essai et photos réalisés par Rémy DEVAUREIX

Les plus

- Moteur mélodieux et plutôt sobre

- Performances excellentes

- Châssis sûr, motricité imperturbable

Les moins

- Tendance sous-vireuse

- Freinage perfectible

- Prix excessif

Fiche Technique :

Prix de base : 59 900 €

Prix du modèle essayé : 69 000 € ( avec sièges baquets, cuir étendu, navigation, peinture métallisée… )

Moteur
Architecture : 5 cylindre en ligne, transversal avant
Distribution : 2 ACT, 20 soupapes
Cylindrée : 2480 cc
Alésage x course : 82,5 x 92,8 mm
Puissance maxi : 340 ch à 5400 trs/mn
Couple maxi : 450 Nm à 1600 trs/mn

Transmission : intégrale Quattro, boite manuelle 6 rapports

Dimensions L x l x H ( mm ) : 4198 x 1842 x 1342

Coffre : 290 l

Poids : 1450 kg

Pneumatiques : 255/35 ZR 19

Performances :
0 à 100 km/h : 4,6 s
Vitesse maxi : 250 km/h
400 m D.A : 13 s
1000 m D.A : 23,7 s

Consommation :
Cycle mixte (l/100 km) : 12

TOUTES LES PHOTOS DE L’ESSAI :

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