ESSAI: Ford Fiesta 1,6 TDCi Titanium 2008

Publié par Rémy Devaureix le 19 janvier 2009

ESSAI: Ford Fiesta 1,6 TDCi Titanium 2008Elle a raté le titre de voiture de l’année 2009 d’un cheveu. Jolie, fantaisiste, originale… La sixième génération de Fiesta cristallise les compliments. Testée en finition haut de gamme avec un diesel de 90 chevaux, le ramage de cette Ford est-il à la hauteur de son plumage ?

Design

Cela faisait trente-deux ans qu’elle cultivait sa discrétion. Et, avec 12 millions d’exemplaires dispersés à travers le monde, ce choix ne la pénalisait visiblement pas au niveau des ventes. Pour la sixième mouture de son modèle-phare, Ford a décidé d’inverser les rôles : la Fiesta affiche une robe qui colle bien à son nom et c’est elle qui, désormais, joue les impétueuses. Il suffit d’en faire le tour pour constater que la nouvelle venue inflige un sérieux coup de vieux à nombre de ses concurrentes.

Où qu’on la regarde, la citadine transpire de dynamisme. Les parties ouvragées abondent. Le profil est particulièrement inspiré, travaillé. Les sculpteurs n’ont pas mégoté avec ces deux lignes de force qui traversent les flancs. Dans la même idée, les ailes n’ont pas été oubliées avec un arrondi net et précis encore plus marqué à l’avant. La ceinture de caisse qui remonte vers l’arrière, couplée à la courbe tombante du pavillon, produit également son petit effet. On note enfin la taille conséquente des poignées de portes et des rétroviseurs, qui comportent un rappel de clignotants, et les superbes jantes aluminium.

De face, la calandre trapézoïdale béante est immanquable. Tout comme les feux à la fois énormes et effilés au possible. Le capot semble plus sage, lisse, avant que deux arrêtes ne le délimitent en largeur. Même les boucliers ont droit à leur coup de ciseau sur les côtés. Et la finition haute du modèle essayé en rajoute encore un peu avec ces chromes englobant les projecteurs antibrouillard et soulignant la découpe surdimensionnée de l’entrée d’air.

Rondeurs et nervures se retrouvent sur la poupe. La lunette étroite du hayon est coiffée d’un élégant becquet et les feux aux angles vifs donnent une pointe de relief. Les designers auraient presque pu pousser le bouchon à ouvrager un semblant de diffuseur en partie basse du pare-chocs.

Avec cette parure sportive et accrocheuse, la Ford Fiesta apparaît plus imposante. Ne gagnant que trois centimètres en longueur, elle a pourtant conserver son gabarit de citadine.

Equipement

Testée ici avec une dotation Titanium, cette Ford Fiesta offre une riche panoplie d’équipements, quasi complète même. Du point de vue de la sécurité, le propriétaire pourra ainsi compter sur cinq airbags (frontaux, latéraux à l’avant et aux genoux). Si l’ABS et le répartiteur électronique de freinage sont de la partie, l’ESP et l’amplificateur de freinage d’urgence, eux, restent en option (450 euros).

Côté confort, on trouve tout ce qu’il faut, du volant multifonctions réglable en hauteur et en profondeur au régulateur de vitesse et aux phares et essuie-glaces automatiques, en passant par la climatisation automatique ou encore la radio CD MP3 et la connexion Bluetooth. Rétroviseurs électriques dégivrants et rabattables, siège conducteur réglable en hauteur, vitres avant électriques et rétroviseur intérieur électrochrome sont également de série. Prises auxiliaire, USB et 12 volts se trouvent en bas du levier de vitesses. Plus rare, certaines fonctions, comme la mise en route de la climatisation par exemple, sont à commande vocale. Dernières attentions : la direction à assistance électrique variable et le système « Ford easy fuel ». Exclusif, ce dernier propose une goulotte à essence sans bouchon qui permet d’éviter toute erreur de carburant. Finalement, seule madame pourra regretter de ne pas disposer de miroirs de courtoisie éclairés.

En option, l’agréable démarrage sans clé coûte 420 euros et les radars de recul 250 euros. Mesquinerie, l’appuie-tête arrière central est facturer 50 euros.

Vie à bord

Georges Lucas, le réalisateur de Star wars, serait-il passé par là ? On peut presque l’imaginer en regardant la planche de bord moussée et surtout la console centrale ultra moderne, conçue façon vaisseau de l’espace. Avec son angle saillant, elle n’est pas seulement originale. Elle s’avère également pratique. L’essentiel des commandes, plutôt intuitives, sont regroupées en hauteur, à portée de regard et de doigt. Ajoutez à cela une bonne position de conduite grâce à de nombreux réglages manuels du mobilier et vous trouverez sûrement l’ergonomie de l’ensemble réussi. Dommage que les plastiques durs se fassent remarquer dans les parties basses et que quelques détails de finition soient à relever ici et là. Le touché au niveau du volant, pourtant recouvert aux deux tiers de cuir, n’est également pas des plus flatteurs.

Côté rangements, une bouteille d’1,5 litre loge dans les portières. Deux canettes peuvent également être maintenues entre les sièges où le grand bloc apparaît plus basique. Le coffret fermé à gauche du conducteur se découvre beaucoup plus pratique que son homologue de droite ouvert et au revêtement glissant. Derrière, pas d’accoudoir qui se déplie ou d’espaces creusés dans les portières. Les passagers devront se contenter du minimum avec une pochette accrochée au dossier de chaque siège et la fin du bloc central avant qui déborde sur les pieds de celui assis au milieu.

A ces places, les occupants payent un peu le revers de la médaille du design dynamique de la Fiesta. L’espace apparaît plus compté. S’il est suffisant pour des enfants, trois adultes seront compressés. L’accès également, sans être catastrophique, est légèrement étroit aux jambes et bas au niveau de la tête à cause de la ligne de toit plongeante.
Arrivé au coffre, on trouve un volume de chargement de 295 dm3, soit un soupçon mieux qu’une Clio. Une capacité qui peut passer à 979 dm3 banquette rabattue mais le plancher sera loin d’être plat. A la place de la roue de secours, un compartiment de 14 dm3 peut accueillir de petits objets. En configuration cinq places, 55 centimètres sont disponibles en hauteur sous la cache-bagages. Seul problème, il faudra soulever sacs et valises de 23 centimètres pour passer la marche à l’ouverture.

Comportement

Maniable, agile et douce, la Ford Fiesta traverse la ville sans faillir, brûlant autour de 6,5 litres de gasoil. Sa direction s’y montre très légère. Le couple du TDCi de 90 chevaux PSA-Ford emmène la belle sans avoir à user du levier de vitesses. Ce dernier tombe de toutes façons pile en main. Course courte, guidage bien cadré, les cinq rapports se passent sans forcer. Finalement, seule la visibilité arrière reste juste pour le conducteur.

Ce dernier devra davantage s’employer sur les parcours plus rapides ou torturés. Le châssis, emprunté à l’efficace Mazda 2, est à la hauteur avec un train avant bien accroché à la route. Les suspensions, elles, sont moins irréprochables. Ça pompe, ça bouge, bref la Ford y « gagne » une certaine instabilité, encore plus marquée lors des freinage appuyés, grevant ainsi le confort général. Dommage car, pour le reste, la Fiesta possède de bonnes cartes dans son jeu : un bloc disponible assez tôt dans les régimes, une direction plus incisive avec la vitesse et une consommation modeste se stabilisant autour des 5 litres sur routes nationales. De quoi faire oublier le bruit du moteur dans les phases de relance.

Conclusion

Indéniable, la Ford Fiesta est aussi belle à l’extérieur qu’original à l’intérieur. Deux points sur lesquels elles ne déçoit nullement. Côté moteur, même si une once de force n’aurait rien gâcher, le bilan de ce TDCi de 90 chevaux est également positif : sa sobriété contrebalance sa sonorité parfois trop présente. Le comportement général, en revanche, déçoit un peu. La Fiesta surprend surtout par une certaine instabilité, loin de l’efficacité de sa cousine, la Mazda 2.

Essai et photos réalisés par Emmanuel Brun

Les plus

- Look
- Rapport prix/équipement
- Consommation

Les moins

- Mouvements de caisse
- Places arrière
- Moteur un peu bruyant

Fiche technique :

Prix de base : 17 350 euros (dont 700 euros de bonus écologique)
Prix du modèle essayé : 18 520 euros

Options du véhicule :
Peinture métallisée : 400 euros
Vitres arrière surteintées : 100 euros
Système de démarrage sans clé : 420 euros
Aide au stationnement arrière : 250 euros

Puissance fiscale : 5 cv

Poids : 1 041 kg
Rapport poids/puissance (kg/ch) : 11,6
Dimensions (L x l x h) : 3,95 m x 1,72 m x 1,48 m

Moteur :
Type : 4 cylindres 16 soupapes turbo diesel à rampe commune
Cylindrée : 1 560 cm3
Puissance maxi : 90 ch à 4 000 tr/min
Couple maxi : 204 Nm à 1 750 tr/min
Emission de C02 : 110 gr/ km

Transmission : avant
Boîte de vitesses : manuelle à 5 rapports

Roues :
Freins : disques ventilés à l’avant et tambours à l’arrière
Pneus : Michelin Pilot Exalto 195/50/15

Performances :
Vitesse maxi : 175 km/h
0 à 100 km/h : 11,9 s

Consommation :
Sur routes nationales : 4,9 l/100 km
En ville : 6,4 l/100 km
Capacité du réservoir : 45 litres

TOUTES LES PHOTOS DE L’ESSAI :

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