ESSAI: Hyundaï iX55 3.0 V6 CRDI 240 4WD Pack Premium 2009
Publié par Rémy Devaureix le 30 juillet 2009Design
Pataud ? Pas vraiment. Costaud ? Assurément. Haut sur pattes (la garde au sol est de 20,5 cm), le Hyundaï iX55 ne passe pas inaperçu. Petite calandre au-dessus d’une entrée d’air à la taille plus conforme au gabarit du véhicule, capot discrètement nervuré, gros phares pas très étirés : la partie avant joue la carte de la sobriété. La poupe apparaît plus dynamique avec de jolis feux qui mordent sur les flancs en s’inspirant de la forme d’un boomerang. Toujours dans la même idée, le hayon est incliné et se trouve chapeauté par un becquet de toit. Enfin la double sortie d’échappement ovoïde et chromée donne un petit caractère sportif à l’ensemble. Une tendance que l’on retrouve aussi de profil grâce au ceintrage chromé des glaces. Une surface vitrée d’ailleurs assez étroite et fumée sur toute la partie arrière. Bilan : le Coréen, sans être au sommet de l’originalité, évite des traits trop lourds. Sans en rajouter dans la provocation, il arbore des lignes assez réussies.
Equipement
C’est un peu comme la carte d’un menu d’un grand restaurant : copieuse, elle n’en finit plus. Une image culinaire qui colle parfaitement au Hyundaï iX55. Proposé avec un seul bloc diesel accouplé à une boîte automatique séquentielle et avec un unique niveau de finition, le Coréen en met plein la vue. Les amateurs de bonne dotation seront certainement rassasiés à son bord. Oublions vite les deux petites options, le GPS (2 500 euros tout de même) et la peinture métallisée, de notre modèle d’essai car tout le reste de la (très) longue liste des équipements est de série.
Les huit airbags, les phares et essuie-glaces automatiques, le contrôle électronique de trajectoire, l’éclairage d’approche intégré aux rétroviseurs électriques, la console centrale réfrigérée, le régulateur de vitesse et la climatisation automatique bi zone ne composent que l’apéritif et les hors-d’œuvre d’un service déjà copieux. Suivent, dans la foulée, condamnation automatique des ouvrants en roulant, radars de recul, projecteurs au xénon avec lave-phares haute pression, jantes alu de 18 pouces, cuir, toit ouvrant électrique en verre et contrôle de la pression des pneus. En accompagnement des prises USB et Ipod, du chargeur 6 CD et des 7 HP, les gourmets abuseront certainement du Bluetooth, du coffre à ouverture et fermeture électrique avec sécurité anti-pincement ainsi que du système d’accès mains-libres et du démarrage sans clé. En digestif, les sièges avant électriques (à mémoire pour le conducteur) et chauffants même à l’arrière ne se refusent pas. Seul regret finalement : quelques radars de parking avant n’auraient rien gâchés.
A l’heure de sortir de « table », le conducteur appréciera sûrement les dernières attentions du service. Une fois le contact coupé, le siège recule et la colonne de direction s’enfonce vers le tableau de bord afin de dégager le maximum de place pour sortir de ce 4×4 haut perché. Et à l’heure de reprendre la route, les réglages mémorisés seront repris automatiquement.
Vie à bord
Le touché laissé par la fine jante du volant ne laisse pas un souvenir impérissable, comme le revêtement du couvercle du bloc de rangement central. Hyundaï a pourtant fait un effort, indéniable, quant à la qualité des matériaux de son iX55, mais un pas reste encore à faire pour s’aligner sur les références allemandes. Rien à redire, en revanche, côté assemblage. Via les multiples réglages électriques, la position de conduite est confortable. Les larges sièges en cuir sont fermes et pourraient envelopper davantage.
Question rangements, on reste un peu sur sa faim. Les blocs sont nombreux, mais leur taille n’est pas calquée sur les dimensions généreuses du Coréen. En tête, la boîte à gants paraît bien sous dimensionnée. L’habitabilité, elle, ne prête pas le flanc à la critique. Jusqu’à la banquette, chacun bénéficie d’un espace important. Là, les passagers disposent même d’une régulation du flux et de la température de la climatisation. Cerise sur le gâteau, le Hyundaï iX55 cache deux places supplémentaires escamotables dans sa malle.
L’accès y est assez étroit et l’on y est assis bas, ce qui pénalise la visibilité vers l’avant. Réservées à des personnes de taille moyenne, ces assises ne sont toutefois pas des places au rabais. Comme les autres, ce rang là a le droit à ses porte gobelets, sa prise 12 volts, ses aérateurs de ventilation ou encore à ses haut-parleurs et plafonniers de lecture.
En position cinq-places, le coffre avance un beau volume de stockage de 598 dm3, mais son seuil de chargement est élevé. Banquette rabattue, 1 746 dm3 sont disponibles sur un plancher plat.
Comportement
Les petits gabarits s’y sentiront peut-être encore plus frêles mais, une fois hissés à bord du Hyundaï iX55, tout le monde goûtera le confort de roulement avancé. As de l’autoroute (où il consomme moins de 11 litres), à l’aise sur nationales, le Coréen brille juste un peu moins sur les routes bosselées où sa raideur pointe le bout de son nez. Pour le reste, la qualité d’amortissement s’avère vraiment appréciable. Comme l’insonorisation d’ailleurs. Elle laisse remonter aux oreilles la voie flatteuse du V6 que lorsque les vitres sont ouvertes. Dans la même veine, la boîte automatique à six rapports se fait discrète. Pas trop hésitante, elle est juste en deçà, comme d’autres, question frein moteur dans les grandes descentes. Sinon, elle a pour elle de ne pas laisser ressentir les changement de vitesses.
Avec près de 2,2 tonnes à mouvoir, on craint un peu les premières accélérations franches. Des inquiétudes bien vite estompées devant le répondant du six-cylindres diesel. S’ils ne plaquent pas non plus au siège, les 240 chevaux et les 450 Nm de couple permettent de ne pas s’éterniser dans la mollesse. Et l’agrément proposé surprend même presque.
S’incérer dans la circulation et le premier dépassement venu s’opèrent dans la plus grande sérénité. Au final, ce poids conséquent pèse surtout sur le freinage qui pourrait sûrement gagner en mordant. Pas de miracles non plus pour les consommations. Les 8 litres sont dépassés sur les nationales et la ville fait grimper l’appétit de la bête à presque 13 litres.
Pour ce qui est du comportement routier, l’iX55 se montre rassurant. Monsieur ne tangue pas trop et tient bien le pavé. En situation d’adhérence normale, la puissance est transmise aux roues avant. A la moindre glissade, l’électronique veille pour envoyer du couple sur le train arrière. Un bouton permet également de rester en mode 4×4 jusqu’à 40 km/h. Il ne faut toutefois pas se montrer débordant d’enthousiasme compte tenu de l’inertie et du train arrière un tantinet joueur. A noter que ses mensurations s’appréhendent assez rapidement grâce à l’excellente vision périphérique proposée et que ce 4×4 peut tracter 2,5 tonnes.
Conclusion
Ce sera difficile pour ce Hyundaï iX55. Confronté à des poids lourds du haut de gamme aux blasons plus prestigieux, son déficit d’image dans ce genre de véhicule haut de gamme demeure son principal talon d’Achille. Le constructeur coréen rend pourtant une copie plus que soignée. Les points forts n’y manquent pas. Cet imposant 4×4, qui propose jusqu’à 7 places, offre nombre d’arguments, de son équipement pléthorique à ses qualités routières en passant par son V6 et sa boîte automatique agréables et discrets. A découvrir assurément.
Essai et photos réalisés par Emmanuel Brun
Les plus- Equipement |
Les moins- Déficit d’image |
Fiche technique :
Prix de base : 47 100 euros (malus écologique de 1 600 euros compris)
Prix du modèle essayé : 50 190 euros
Options du véhicule :
Peinture métallisée : 590 euros
GPS Alpine : 2 500 euros
Puissance fiscale : 16 cv
Poids : 2 186 kg
Rapport poids/puissance (kg/ch) : 9,11
Dimensions (L x l x h) : 4,84 m x 1,94 m x 1,75 m
Empattement : 2,80 m
Moteur :
Type : 6 cylindres en V 24 soupapes turbo diesel avec injection directe common rail
Cylindrée : 2 959 cm3
Puissance maxi : 240 ch à 3 800 tr/min
Couple maxi : 450 Nm de 1 750 à 3 500 tr/min
Emission de C02 : 249 gr/ km
Transmission : 4×4
Boîte de vitesses : auto séquentielle à 6 rapports
Roues :
Freins : disques ventilés à l’avant et à l’arrière
Pneus : Hankook DynaPro 245/60/18
Performances :
Vitesse maxi : 200 km/h
0 à 100 km/h : 10,4 s
Consommation :
Sur routes nationales : 8,5 l/100 km
En ville : 12,8 l/100 km
Capacité du réservoir : 78 litres



































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