ESSAI : Jeep Cherokee 2.8 CRD Limited 2008
Publié par Antoine le 27 juin 2008La précedente génération de Cherokee avait fait grimacer les puristes. En abandonnant son physique massif au profit de rondeurs peu inspirées, l’un des plus célèbres tout-terrains avait perdu de son âme. Le mal est réparé : avec son profil trapu et sa calandre à sept fentes, le Cherokee fleure toujours l’aventure mais n’oublie pas de vivre avec son temps. L’équipement inclut l’essentiel des raffinements modernes : batterie d’assistances à la conduite et au franchissement, numérique embarqué… En plus de capacités à évoluer en milieu « hostile », le Cherokee sait être civilisé au quotidien.
Moteur
Le 4 cylindres 2.8 CRD se comporte comme un bon gros diesel, un peu rustique. Au ralenti, ses claquements renvoient à l’ère ancestrale pré-injection directe… Ce bloc en est pourtant doté, mais rien n’y fait : l’ambiance agricole prédomine. Avec ses 177 ch pour plus de 2 tonnes à mouvoir, les performances sont juste suffisantes pour s’insérer dans le trafic. 179 km/h en pointe, et des accélérations mollassonnes : sur route, le Cherokee se montre placide. La boîte automatique 5 rapports conventionelle n’arrange rien : peu réactive, elle ménage toutefois une grande douceur dans les passages de rapports. Avec un couple maxi de 460 Nm, ce bloc est volontaire : outre une excellente aptitude en tout-terrain, le 2.8 CRD brille par ses 2,8t de capacité de remorquage. Tout cela a un prix : en boîte automatique, le consommation moyenne flirte avec les 12 l/100 km en cycle mixte ( 9,5 l annoncés ). Pour un véhicule sans prétention de salon roulant, l’offre diesel est préférable à l’unique motorisation essence : le V6 3,7 l de 205 ch, moins coupleux et plus glouton ( près de 14 l/100 km, pour 12 l annoncés ) ne séduira que les puristes. Et puis, le diesel colle bien à son côté cheval de trait infatigable.
Comportement routier
Sur la route, le Jeep Cherokee fait honneur à ses prétentions de 4×4 ludique… et quelque peu rustique. Quelques kilomètres sur route suffiront à se faire une idée de l’ADN du Cherokee : sur voies rapides, il reste stable malgré quelques pompages à haute vitesse. Mais sur route sinueuse, la prise de roulis en virage est désagréable. Autres griefs : le manque d’endurance du freinage et l’absence de frein moteur en mode 2 roues motrices / rapports longs. Pas très rassurant, et les 2060 kg se font sentir… En restant à des allures modérées, le Cherokee est pourtant agréable à mener. La direction est douce, et la rayon de braquage étonnament court : même dans les jungles urbaines, le Cherokee est à son aise.
Certes, la plupart des Jeep Cherokee ne connaitront que les trottoirs parisiens en guise d’obstacles, mais l’indien ne rechigne pas à évoluer en terrains instables. La motricité est imperturbable, surtout en rapports courts, et le Cherokee se joue des ornières et des légers dévers caillouteux. Mais dans cette version Limited, ses jolies jantes 18p n’en font pas un pur franchisseur. Il conviendra d’opter pour une monte plus appropriée. Dommage, car son châssis de routard le permettrait : suspensions avant indépendantes, mais le pont arrière rigide reste d’actualité. En tous les cas, la maniabilité est excellente. En inaugurant un indédit système Selec-Trac II, la motricité est exemplaire. La répartition du couple varie de 42/58 à 50/50. En deux roues motrices, l’intégralité du couple passe aux roues arrière. Ajoutons à cela le contrôle de vitesse en descente, et le Cherokee se mue en crapahuteur des Rocheuses…
Habitacle
A bord, la présentation est claire, nette et massive : du typiquement Yankee, clinquant et pas très bien fini, avec ces inserts imitation alu trop brillants. Sous la banquette arrrière, ferraille et tôle apparente sont trop présentes, et les plastiques durs sont légion. Mais l’habitacle ne manque pas de charme : ambiance lumineuse et bonne visibilité en font un 4×4 agréable à vivre. L’ergonomie est bien pensée, et l’équipement pléthorique dans cette exécution haute Limited. En plus de la clim auto, de l’aide au stationnement et du contrôle de descente, le Cherokee Limited offre sellerie cuir ( robuste, mais d’apect peu engageant ), jantes 18p, et un excellent système audio Infinity avec disque dur de 20 Go et port USB. Le GPS à écran tactile reste une option. Autre point fort, la modularité : le siège passager avant se rabat à l’horizontale pour servir de tablette, la banquette arrière rabattable 2/3 1/3 est de série et le coffre, suffisament volumineux réserve un espace de rangement sous le plancher. Parfait pour des objets sales après une randonnée…
Côté confort, le bilan est plus mitigé. L’insonorisation est symbolique, et conducteur déplorera l’absence de repose-pied… Les longs trajets n’en seront que plus éprouvants. Les passagers arrière pâtiront d’un espace aux jambes restreint et d’une banquette raide offrant peu de maintien.
Conclusion
En finition Limited, le Cherokee est affiché à un tarif plutôt élevé, auquel il faut rajouter un malus de 1600 €. Par rapport à une version de base à moins de 30 000 €, le 2.8 CRD Limited demande un surcoût de 6000 €! Est-ce bien nécessaire pour un 4×4 taillé pour les évasions au grand air? Avec une telle différence de prix, le coffre pourrait se remplir d’équipements de bivouac Coleman… Là, c’est l’Amérique!
Prix de base : 29 900 € ( 2.8 CRD Sport )
Prix du modèle essayé : 38 290 € ( 2.8 CRD Limited + options )
malus : 1600 €
Les plus- Capacités en tout terrain
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Les moins- Moteur CRD bruyant
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Posté dans Essai Jeep.
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