Mercedes se rachète une verte conscience à travers son vaisseau amiral, la Classe S, qui pour le coup devient « responsable », comme la marque aime le dire. Responsable car elle se dote, à côté du V6 essence, d’un moteur électrique. L’efficience est recherchée ici avec une garantie de performance. L’électrique vient assister le thermique pendant les sollicitations et fait en quelque sorte office de turbo. Hormis ces capacités écologiques, la Classe S, dans sa version berline et habillée en AMG, séduira à coup sur les fans du genre. Il faudra bien évidement avoir les moyens, car le luxe vert ne se laisse pas acquérir si facilement.
Design
En version courte, c’est à dire en berline, la Classe S n’évoque peut être pas le même luxe que la limousine. En revanche, le pack esthétique AMG la rend vraiment très agressive. Elle se dote de jupes spéciales et de bas de caisse sport. La proue de la S, très proéminente, est accentuée par le bouclier particulier à l’avant. L’agressivité transpire des jantes 19 pouces à 5 bâtons AMG. Elles abritent des étriers estampillés Mercedes.
L’arrière est tronqué et affiche une rondeur réussie, jurant cette fois avec la poupe descendante de la berline. Les feux triangulaires auraient pu mal se marier avec cette rondeur affichée, mais impossible d’y trouver le moindre défaut. Le bouclier muscle encore davantage cet arrière. Enfin les sorties d’échappement carrées peaufinent l’effet bœuf et laissent pantois, même les automobiliste pas forcement sensibilisés au style étoilé.
Pour les détails, on retrouve les passages de roue élargis, type ponton à l’arrière, bien plus accentués sur cette version. Le toit ouvrant est également présent, mais peut être un peu trop petit. La S400H ici à l’essai se dote d’une livrée blanche perle, donnant la dernière preuve de bon goût allemand.
A l’intérieur, le Pack AMG comprend le volant cuir-bois, les inserts en ronce de noyer, le pédalier sport et les tapis de sol velours.
La seule chose qui différencie physiquement l’hybride des autres version est le badge « BlueHybrid » apposé sur le côté, ainsi que la mention « Hybrid » à l’arrière.
Équipement
Plus on observe l’évolution automobile, plus on se dit que la voiture qui conduit toute seule n’est vraiment pas loin. L’équipement ici est plus que pléthorique.
Commençons donc par le système le plus impressionnant à l’utilisation : le Distronic Plus. Ce système n’est pas simplement un régulateur de vitesse, il régit littéralement l’allure de la voiture jusqu’à son arrêt total en cas d’obstacle. Pour en comprendre l’efficacité, il faut le tester dans les embouteillages. Calé à 80 km/h, il évalue la distance nous séparant du véhicule de devant. Il gardera donc la distance tout en réduisant la vitesse. Un effleurement sur une des pédales et le système se désactive. Couplé au PRE SAFE déjà bien connu (pre-freinage d’urgence, pre-serrage des ceintures et fermeture du toit ouvrant), il faudrait le faire exprès pour emboutir quelqu’un.
Mais la liste d’équipement de la Classe S ne s’arrête évidement pas la. L’ordinateur de bord comprend bien sûr la navigation, le système audio avec equalizer 7 bandes compatible CD et MP3, ainsi que le lecteur DVD. On peut choisir, en option, les écrans à l’arrière. Ici le film ne pourra être vu que part l’écran de console de bord.
Bardée d’options, la Classe S ici essayée se dote en plus du Pack confort à l’avant, permettant de régler les sièges en hauteur (ce système permet même de se faire masser en route, grâce à des coussins gonflables placés dans les sièges multi-contours). Ces sièges peuvent mémoriser trois positions.
Énièmes friandises technologique : la vision de nuit. Les rétroviseurs se teintent automatiquement selon la luminosité. On note également l’accès au téléphone main libre via un cadran sur l’accoudoir central. Il suffit de connecter son appareil en Bluetooth sur la console. Le répertoire est copié dans la mémoire et on peut composer via la commande vocale. L’ordinateur de bord peut nous informer sur les distances de sécurité, la pression des pneus, les limitations de vitesse ou encore l’état du moteur électrique, notamment sur la récupération d’énergie.
Vie à bord
Après une poignée de kilomètres, l’essai d’une telle voiture se fait plus efficacement en place passager. C’est vraisemblablement l’endroit le plus agréable. Non pas que la conduite soit éprouvante ou compliquée, mais le plaisir de conduire pour la plupart des automobilistes passe par un minimum d’emprise sur la voiture. Ici elle est inexistante. La flopée de systèmes d’assistance annihile totalement la sensation sur la route. Évidement, on ne choisit pas une telle voiture pour le plaisir de la route, mais bien pour son confort inégalable. Être au volant dans ce cas là est donc à la limite du frustrant. D’autant que l’on pourrai s’y endormir vu le silence du moteur.
Au niveau du confort, cette Classe S est donc ultra-compétitive. L’odeur de cuir ravi l’odorat à l’entrée pendant que les mains caressent le volant cuir et bois. Deux ou trois poussées sur le réglage des sièges et l’on se sent mieux que dans son salon. Le contrôle de la musique et de la navigation se fait par la désormais célèbre molette qui permet d’accéder à quasiment tout les menus. Le panel central de contrôle affiche quelques autres boutons, qui ne seront utilisés que très rarement. Petit bémol pour l’accès à la prise USB : elle est bien cachée dans la boite à gant.
Le défilement des menus est donc fluide et intuitif, on peut observer le trajet qu’il nous reste à faire en survolant la carte, puis changer de musique deux secondes après pour revenir à la navigation telle qu’on la laissée.
Les rangement sont innombrables, et tous recouverts de velours. On en trouve par exemple sur les contre-portes et sous l’accoudoir central. Certains, peut être moins utiles, s’apparentent carrément à des étuis à stylos.
Comportement
L’hybride performant est possible. Le thermique de 279ch est ici couplé à un moteur électrique de 20ch, intervenant lors des accélérations. Cela donne une puissance de 299ch, et surtout un dynamisme très correct. Le couple s’élève à 385nm.
L’énergie électrique est acheminée par une batterie lithium ion. Mercedes fut d’ailleurs le premier constructeur à en apposer une dans une berline de série. Cette batterie se recharge via la récupération au freinage. Lors des freinages légers, c’est le frein moteur de l’électrique qui se met en marche, et non l’étrier qui se serre.
L’hybridation se fait ici par assistance. Il ne s’agit pas d’un moteur pouvant rouler en tout électrique, mais simplement une aide au thermique, offrant d’ailleurs un couple très conséquent.
Sur la route, le moteur électrique brille par sa capacité à lancer le véhicule, mais pèche énormément sur la réactivité. En boite automatique 7G-Tronic, il faut bien deux bonnes secondes avant que la puissance soit totalement transmise. Cela peut surprendre lors des reprises urgentes. A l’inverse, trop appuyer sur la pédale au démarrage provoque un départ très violent. L’uniformité n’est donc pas parfaite.
Pour les performances pures, certains les trouverons mitigées, mais elles sont sensiblement supérieures à celles de la 350 CDI. Sur le 0 à 100 km/h, le S400h devance de trois mili-secondes sa consœur, pour un résultat final de 7,2 secondes. L’impact sur la consommation est moindre : si le diesel offre une frugalité profitable ( 7,6 litres au cent ), la 400h n’a pas grand chose à lui envier puisqu’elle ne la dépasse que de 3 décilitres ( 7,9 litres au cent ).
Étonnamment, la 400h se montre moins polluante, du moins en termes de CO². Elle présente un bilan carbone de 187g de CO² par kilomètre. La 350 CDI établit ce résultat à 199g. Le malus écologique reste néanmoins le même, soit 750 euros. Pas mal tout de même pour un tel paquebot développant 299ch.
Passé les capacités purement motrices et efficientes de la grosse souabe, il faut absolument aborder la stabilité du véhicule. Elle est exemplaire. Les deux tonnes du véhicules ne se font à aucun moment sentir. Malgré le feutrage induit par les différents systèmes d’assistance, on arrive à prendre du plaisir en courbe. Cela n’aura évidement rien à voir avec une voiture de sport, ni même une compacte performante. On est ici dans un salon roulant. Les suspensions, loin d’être fermes, absorbent néanmoins toutes les irrégularités, pour un surcroit de confort.
Fiche technique:
Prix de base : 92 300 euros (700 euros du bonus écologique compris)
Prix du modèle essayé : 108 820 euros
Options du véhicule : Pack AMG, Pack confort avant (DISTRONIC et PRE-SAFE), Pack Keyless Go, Pack divertissement avant (DVD), Pack assistance à la conduite.
De série : Pack ILS feux LED.
Puissance fiscale : 18 cv
Poids : 1955 kg
Rapport poids/puissance (kg/ch) : 6.5
Dimensions (L x l x h) : 5096 mm x 2120 mm x 1479 mm
Empattement : 3035 mm
Moteur :
Type : V6 essence 279ch couplé à un moteur électrique de 20ch.
Cylindrée : 3498 cm3
Puissance maxi : 299 ch à 6 000 tr/min
Couple maxi : 385 Nm à 2 400 tr/min
Emission de C02 : 189 gr/ km
Transmission : arrière
Boîte de vitesses : automatique à 7 rapports
Roues : 17 pouces
Pneus : 235 mm à l’avant et à l’arrière
Performances :
Vitesse maxi : 250 km/h
0 à 100 km/h : 7.2 s
Consommation :
Sur routes nationales : 6.5 l/100 km
En ville : 10.9 l/100 km
Capacité du réservoir : 90 litres
















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