4×4 et SUV n’ont plus trop la cote ? Fort d’un succès qui ne se dément pas, le Qashqai s’en moque. En route donc au volant du best-seller de Nissan. Mais que vaut-il dans sa version quasi la plus démocratique ?
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Haut perché et à la fois compact : le gabarit du Qashqai surprend et… séduit. Sans arrogance, le Nissan en impose. Son capot est entaillé de deux jolies nervures. |
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Dommage que l’austérité domine à bord avec une dominance de noir. La planche de bord est toutefois en plastique moussé. |
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Seul le siège du conducteur offre un réglage au niveau des lombaires et peut s’ajuster en hauteur. Le coffre, avec au minimum 410 dm3, est de bonne taille. |
Design
Une berline à la sauce SUV : voilà une partie de la recette du succès du Qashqai. Une recette à déguster sous l’appellation crossover. Avec sa longueur qui n’excède pas celle d’une Mégane ou d’une Focus et sa hauteur sur pattes généreuse, le Nissan en impose. Son gabarit continue de surprendre encore aujourd’hui. Au final, sans trop en faire, le Japonais est agréable à regarder grâce à son design équilibré, un brin sportif.
Le profil apparaît dynamique. Les portières, traversées par une seule nervure rectiligne, ne sont pourtant pas spécialement travaillées. Mais la mini custode termine en pointe la surface vitrée, accentuant l’effet d’affinement des fenêtres de l’avant vers l’arrière. Le porte-à-faux arrière assez court, sur lequel les feux avancent avec un angle aigu, participe également à cette impression favorable.
A l’autre extrémité, les ailes sont à peine marquées, avant de se terminer tout en arrondi. De face, la calandre sur laquelle trône l’imposant logo Nissan est encadrée par deux gros phares volontairement verticaux. Autre réussite esthétique : les deux bosses sculptées sur le capot.
Côté poupe, la vue de trois-quarts permet d’apercevoir des hanches naissantes. Terminé par un discret becquet, le hayon ne fait pas trop massif. Mais on devine déjà une hauteur de chargement importante.
Equipement
A moteur essence de 115 chevaux d’entrée de gamme, pas grand choix de finition. Deux pour être exact : la Visia (19 850 euros) ou, bien mieux, l’Acenta (21 450 euros). Testé ici dans la deuxième déclinaison, « notre » Qashqai propose une panoplie déjà intéressante. Climatisation automatique bizone, jantes alu de 17 pouces, régulateur de vitesse, mise en marche automatique des phares et des essuie-glaces, antibrouillards, condamnation automatique des ouvrants sont ainsi de série.
Quelques petits plus sont également à relever par rapport au premier niveau d’équipements. La radio CD, avec commandes au volant, dispose de six haut-parleurs au lieu de quatre. Les rétroviseurs, électriques et dégivrant, deviennent rabattables. De plus, le siège conducteur hérite d’un réglage des lombaires. Esthétiquement parlant, la grille de calandre prend une couleur argent et les poignées de portes et les rétroviseurs extérieurs sont peints de la même teinte que celle de la carrosserie.
Enfin, on retrouve la prise auxiliaire Jack 3,5’’ pour lecteur MP3 et le système téléphone mains libres Bluetooth. Question sécurité, Nissan garde l’ABS, le répartiteur électronique de freinage, l’amplificateur de freinage d’urgence et les six airbags. Un ensemble qui ne reçoit toujours pas l’apport du contrôle électronique de trajectoire (ESP), accessible uniquement en option en échange de 500 euros.
Vie à bord
Fun à l’extérieur, le Qashqai l’est beaucoup moins à l’intérieur. La faute au noir ambiant, omniprésent, qui recouvre tout sur son passage, de la planche de bord au tissu qui habille les assises. Au final, on ne voit même plus les quelques cerclages imitant l’alu brossé ou encore le cuir qui recouvre le volant. Un choix discutable car, au premier abord, il fait croire à des matériaux de mauvaise qualité. Il n’en est pourtant rien. La planche de bord est légèrement moussée. Même l’habillage des contre-portes dans leur partie supérieure bénéficie de plastiques améliorés.
Pour pallier cet aspect austère, on ne peut que louer la bonne luminosité de l’habitacle. Chacun en profitera d’ailleurs, autant que l’espace appréciable à bord. A l’avant, le conducteur est bien installé. Le dossier enveloppe le dos et le siège se règle en hauteur. De plus, un fin accoudoir central coulisse afin de venir soutenir le bras droit. Le volant regroupe pas mal de boutons de contrôle, du régulateur de vitesse jusqu’au téléphone mains libres. Seules les commandes de climatisation et de ventilation sont placés un peu trop bas, juste devant le levier de vitesses.
Questions rangements, les blocs creusés dans les portières déçoivent par leur étroitesse. A l’opposé, le coffret central, où l’on trouve la prise auxiliaire, et la boîte à gants, réfrigérée, surprennent positivement par leur profondeur. A l’arrière, deux sodas peuvent être casés dans l’accoudoir central et les petits objets se posent dans les portières.
Là, sur leur banquette, les passagers ne se sentiront pas à l’étroit, en hauteur et encore plus aux jambes. Seul, celui du milieu devra composer avec un dossier dur et un espace aux pieds rogné par un tunnel de servitude envahissant.
Le coffre est à la hauteur du gabarit du véhicule. Pouvant varier de 410 à 1 513 dm3, il affiche une bonne contenance grâce à des formes régulières. A l’angle gauche, une sangle élastique permet de maintenir une bouteille par exemple. Tout juste pouvait-on espérer quelques centimètres supplémentaires en hauteur sous le cache-bagages. Ce dernier, d’ailleurs, se révèle un peu gênant car, ne remontant pas assez contre le hayon ouvert, il ne libère pas suffisamment l’espace de chargement profond de 84 centimètres. Dernier grief, on regrette que le plancher ne soit pas entièrement plat une fois la banquette rabattue. A noter, enfin, que la malle abrite une roue de secours galette.
Comportement
Tranquille le 1,6 litre essence de 115 chevaux ! Avec une vitesse de pointe qui plafonne à 175 km/h et 12 secondes nécessaires pour passer de 0 à 100 km/h, on pouvait s’y attendre. Aussi, à force d’accélérations douces, l’agrément général s’en trouve pénalisé. Pas la consommation, cependant, qui reste en dessous des 6,5 litres sur routes nationales.
A l’usage, c’est finalement la boîte mécanique à cinq rapports qui se révèle plus désagréable. Elle accroche et, lorsque la vitesse de croisière augmente comme sur autoroute, elle donne l’impression que le quatre cylindres mouline outre mesure, étant à 4 000 tr/min à 130 km/h.
Dans ces conditions là seulement il se fera trop entendre. Car le reste du temps, le Qashqai offre une agréable insonorisation, notamment au niveau des bruits de roulement. Toujours côté points positifs, le freinage peut être qualifié de puissant. Il fait même piquer du nez le Nissan lors des arrêts brutaux car la suspension est plutôt souple au privilège du confort général. Un réglage mis à mal lorsque les revêtements se dégradent comme sur les routes départementales, le Qashqai pompant alors un peu trop, mais aussi lors des prises d’appui plus franches. Le roulis sera alors assez marqué. Dommage car la direction incisive et précise, tout comme le train avant suffisamment rigoureux, permettent d’envisager d’évoluer à un bon rythme.
Le moteur ne rechignant pas à repartir à des régimes assez bas, les évolutions en ville se déroulent sans être accroché au levier de vitesses. Sur ces parcours, la position de conduite surélevée fait merveille, tout comme la maniabilité assez surprenante vu le gabarit du véhicule. En revanche, la consommation supérieure à 9,5 litres y sera plus sensible.
Conclusion
Les conducteurs tranquilles pour lesquels la vigueur des relances n’est pas la priorité apprécieront ce Qashqai d’entrée de gamme. Plutôt sobre sur les parcours extra urbains, le crossover deux roues motrices ainsi emmené par le 1,6 litre essence 115 chevaux avance un bon confort de roulement sur les grands axes. Son insonorisation et son habitabilité font également partie de ses points forts au quotidien. Ceux qui attendent plus de punch devront opter pour le 2 litres 140 chevaux vendu 23 700 euros (malus de 750 euros inclus) au même niveau de finition Acenta et avec une boîte mécanique à 6 rapports. Une facture voisine de celle du 1,5 litre dCi 106 chevaux, modèle affiché à 23 500 euros.
Essai et photos réalisés par Emmanuel Brun
Les plus- Moteur sobre… | Les moins… mais juste en agrément |
Fiche technique :
Prix de base : 21 450 euros (ni bonus ni malus écologique)
Prix du modèle essayé : 22 415 euros
Options du véhicule :
Peinture métallisée : 465 euros
ESP : 500 euros
Puissance fiscale : 7 cv
Poids : 1 297 kg
Rapport poids/puissance (kg/ch) : 11,3
Dimensions (L x l x h) : 4,315 m x 1,783 m x 1,61 m
Empattement : 2,63 m
Moteur :
Type : 4 cylindres en ligne 16 soupapes
Cylindrée : 1 598 cm3
Puissance maxi : 115 ch à 6 000 tr/min
Couple maxi : 156 Nm à 4 400 tr/min
Emission de C02 : 159 gr/ km
Transmission : avant
Boîte de vitesses : manuelle à 5 rapports
Roues :
Freins : disques ventilés à l’avant et disques à l’arrière
Pneus : Continental ContiPremium Contact2 215/60/17
Performances :
Vitesse maxi : 175 km/h
0 à 100 km/h : 12 s
Consommation :
Sur routes nationales : 6,4 l/100 km
En ville : 9,8 l/100 km
Capacité du réservoir : 65 litre










































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