ESSAI : Peugeot 308 SW 1,6 HDI FAP 110 Premium 2008
Publié par Emmanuel le 18 août 2008Design
On dit souvent qu’il y a un avant et un après. Dans le cas de la Peugeot 308 SW, il serait plus judicieux de souligner qu’il y a un avant et un… arrière tellement les deux parties jouent dans un style différent. La première nommée est comme celle de la berline. En résumé : elle se montre un poil provocante et agressive avec son nez, incrusté de l’imposant emblème rutilant de la marque, qui avance sur la calandre béante grillagée de chromes façon coupe-frites à peine barrée par le pare-chocs. Les antibrouillards verticaux et les phares effilés font, eux, plus dans la distinction tandis que la nervure très prononcée du capot galbe les extrémités de ce faciès.
A l’arrière, les designers semblent avoir incliner leurs coups de crayon plus vers le côté pratique – on a finalement affaire à un break – que vers le spectaculaire. Du coup, le hayon apparaît pâle, presque strict et massif. Seuls les énormes feux se démarquent et soulignent la rondeur des hanches.
Le profil, pour sa part, est plus dans la lignée de la proue. Les partie vitrées qui se rétrécissent au fur et à mesure que le regard glisse vers l’arrière dynamise cette longueur déjà importante pour cette compacte de 4,50 mètres, soit 22 cm de plus que la berline et 7 de plus que la 307 SW.
Equipement
Ce n’est pas Byzance, mais ce n’est déjà pas mal. Vendu à un prix de base tout de même costaud, le break au lion dans cette finition Premium assure l’essentiel avec une aide au freinage d’urgence, un répartiteur électronique de freinage, une radio CD MP3 6 HP, une climatisation automatique bizone avec diffuseur arrière, une boîte à gants réfrigérée, des jantes alu, des rétroviseurs électriques, un volant gainé de cuir…
Un essentiel qui se trouve amélioré notamment par sept airbags dont un au niveau des genoux du conducteur, deux pare-soleil pour les vitres arrières, un détecteur de pluie, des essuie-glaces automatiques, un limiteur-régulateur de vitesse, la condamnation automatique des serrures et ce fameux toit panoramique en verre. A cette liste tout de même conséquente, on pourra cependant noter que Peugeot ne se sent pas obliger d’y ajouter l’ESP, relégué aux options, tout comme le radar de recul.
Vie à bord
« C’est une lucarne ! C’est un vasistas ! C’est une fenêtre ! Que dis-je, c’est une baie vitrée ? C’est une véranda ! » Avec un toit panoramique vitré d’1,68 m2, les hyperboles déclamées par Cyrano de Bergerac peuvent bien être adaptées pour souligner le côté exceptionnel de cette surface comparable à celle que l’on ne trouve que sur quelques monospaces. Et comme il avance jusqu’au début du coffre, il confère à tout l’habitacle une clarté appréciable. C’est là l’un des points forts de ce break : il reprend à son compte les avantages de ses grands « cousins » si prisés des familles nombreuses.
Dans cet esprit, le break Peugeot propose trois sièges individuels à l’arrière (deux autres peuvent même être ajoutés dans le coffre contre 600 euros) qui coulissent (sur 3 cm), se plient en tablette, se rabattent aisément en portefeuille ou s’enlèvent carrément du véhicule. Pour cette dernière manœuvre, comptez moins d’une minute par siège, lourd tout de même de 18 kilos. Pratiques certes, on leur reprochera cependant leur largeur à peine suffisante pour accueillir un adulte de corpulence normale.
Une étroitesse qui n’est pas de mise dans le coffre qui peut varier, à volonté, de 520 à 2 149 dm3. Profitant pleinement de la modularité ambiante, il offre une longueur minimum de chargement de 92 cm. Longueur pouvant atteindre les 3 mètres en s’appuyant sur la planche de bord. Particulièrement bien agencé, il comprend trois petits espaces de rangement sur les côtés, une prise 12 volts, un seuil de chargement en aluminium anodisé haut de 56 cm, filet et anneaux de maintien, lampe électrique nomade et une lunette à ouverture indépendante.
L’avant de l’habitacle est tout aussi soigné avec une bonne qualité de fabrication et d’assemblage, du tableau de bord en plastique moussé jusqu’aux fins cerclages couleur aluminium. Du point de vue ergonomique, le conducteur enragera sûrement de se tromper entre tous les petits boutons de commande qui ont fleuri sur les deux Commodos cachés derrière le volant et qui permettent de régler le limiteur-régulateur de vitesse et le son. Le côté pratique est en revanche à son avantage en ce qui concerne les espaces de rangement. Très grands dans les portières, pouvant accueillir deux canettes entre les deux sièges, on en trouve même sous chaque assise. Enfin, un discret petit croché ancré à droite de la console centrale permet d’y maintenir un sac à main par exemple.
Derrière, les occupants bénéficient notamment de deux tablettes aviation avec porte-gobelets. L’espace aux genoux reste convenable tandis que la largeur aux coudes profite des 5 cm qu’a gagné le break 308 par rapport au 307.
Comportement
Elles ne sont pas de trop, les 110 chevaux du 4 cylindres turbo diesel. On les imagine même sérieusement attelées à la tâche avec famille et bagages à bord. Car il faut bien reconnaître que ce bloc manque un peu de muscle. S’il n’est non plus complètement dépassé par les évènements, il a du mal à assurer de vigoureuses relances. Sa meilleur plage d’utilisation se situe finalement entre 2 000 et 3 000 tours. Avant, ça sonne un tantinet creux. Après, ça s’essouffle rapidement. Mais il présente l’avantage non négligeable d’être économe en carburant, notamment en dehors des circuits urbains.
Rien à redire pour tout le reste. Le châssis sochalien est bien accroché au bitume, assurant une tenue de route sans faille. Même mené à vive allure sur de petites routes, le 308 SW ne se désunit pas et garde le cap. De même, le freinage, progressif et mordant, est tout aussi efficace. Le confort général au volant de ce break compact est à la même hauteur, bien servi par des suspensions typées fermes et des bruits d’air et de roulement bien évacués. On regrettera juste d’entendre un peu plus le moteur à faible allure dans les phases d’accélération.
Conclusion
Les solides arguments du Peugeot 308 SW aident à faire passer la « douloureuse ». 2 000 euros de moins pour un Kia Cee’d SW 1.6 CRDI Executive, 750 pour le Renault Mégane 1.5 dCi Privilège… Tous ses concurrents directs sont en effet mieux positionnés au niveau tarifaire. Au-delà, la marque au lion met sur la route un break familial très abouti. Et, au final, les kilomètres s’enchaîneront peut-être sans grande fougue mais surtout sans fatigue.
Essai et photos réalisés par Emmanuel Brun
Les plus- Modularité |
Les moins- Ergonomie des boutons de contrôle derrière le volant |
Fiche technique :
Prix de base : 25 050 euros (ni bonus ni malus écologique)
Prix du modèle essayé : 26 420 euros
Options du véhicule :
Peinture métallisée : 450 euros
Aide au stationnement arrière : 320 euros
Kit mains libres Bluetooth + radio mono CD RD4 MP3 avec prise auxiliaire : 300 euros
Pack visibilité 2 (rétroviseur intérieur photosensible et rétroviseurs extérieurs rabattables électriquement) : 180 euros
Pack confort 2 : réglage lombaires à l’avant, rangements sous les sièges avant, mise en tablette du siège passager avant : 120 euros
Puissance fiscale : 6 cv
Poids : 1495 kg
Rapport poids/puissance (kg/ch) : 13,6
Moteur :
Type : 4 cylindres 16 soupapes turbo diesel common rail avec filtre à particules
Position : avant
Cylindrée : 1 560 cm3
Puissance maxi : 110 ch à 4 000 tr/min
Couple maxi : 240 Nm à 1 750 tr/min
Transmission : avant
Boîte de vitesses : manuelle à 6 rapports
Roues :
Freins : disques avant et arrière
Pneus : Michelin Energy Saver 205/55/16
Performances :
Vitesse maxi : 185 km/h
0 à 100 km/h : 12,5 s
Consommations :
Sur routes nationales : 5,1 l/100 km
En ville : 7,4 l/100 km
TOUTES LES PHOTOS DE L’ESSAI :
Posté dans Essai Peugeot.
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