REPORTAGE: Renault Sherpa Dakar 2009
Publié par Jean-Philippe le 16 décembre 2008Elaboré par Renault Trucks Défense, le Sherpa fait communément figure de Hummer frappé du losange, un raccourci à éviter en présence des représentants de la firme tricolore qui s’empresseront de vous signifier les différences fondamentales d’application entre ces deux engins à vocation militaire. Ainsi, si le Hummer fait preuve d’un brio certain dans le sable, le terrain de prédilection du Sherpa, c’est le franchissement. En ce qui concerne les applications « tactiques », difficile d’en savoir plus !
A la lecture de sa fiche technique, le Sherpa n’a rien d’une ballerine avec un poids et des dimensions conséquentes : 7.7 tonnes (et encore, sans protection balistique) pour 5 317 mm de long et 2 222 mm de large aux ailes de la cabine. Ses prétentions sont pourtant de taille avec une garde au sol de 300 mm, une garde au sol sous ventre de 590 mm en charge, il peut affronter des gués jusqu’à 1 500 mm, des dévers à 40 % et des pentes à 100 % (100 mètres en hauteur pour 100 metres en longueur, soit 45°).
215 ch et 800 Nm
Principal atout du Sherpa pour réaliser de telles performances, son moteur MD5 Renault Trucks. Ce quatre cylindres diesel Common Rail cubant 4.7 l et développant 215 ch à 2 300 tr/min (sa puissance peut être portée à 240 ch, un Hummer affiche 224 ch avec un V8 6.5 l) et un couple de 800 Nm réparti entre 1 200 et 1 700 tr/min anime les quatre roues du Sherpa qui est un 4×4 permanent via une boîte automatique Allison à 6 rapports. La boîte de transfert Axeltech dispose de commandes pneumatiques pour la sélection des rapports courts et le blocage de différentiel. Le freinage oléopneumatique est confié à quatre freins à disque ; on notera la présence d’un ABS, mais oui, comme sur votre berline familiale. Délicate attention pour l’environnement, le Sherpa embarque un système de traitement des gaz d’échappement qui lei permet de répondre aux normes Euro 4/5.
Du 1er mars au 1er juillet 2009, durant le raid Cape to Cape organisé par Renault Trucks, six Sherpa accompagnés de six camions Kerax 6X6 relieront le Cap Nord en Norvège à la ville du Cap en Afrique du Sud via la Russie, l’Egypte, le Kenya, autant de conditions extrêmes qui mettront le dernier production de Renault Trucks Défense à l’épreuve, une bonne occasion également de faire parler de lui. Mais avant, le Sherpa prendra le départ du prochain Dakar sur les pistes d’Amérique Latine de 2 au 18 janvier prochain. Engagée par Renault Trucks, cette version fera office de véhicule de presse pour le transport des journalistes, et nous avons pu la découvrir lors des tests de sélection des pilotes pour le raid Cape to Cape.
Spartiate et efficace
Malheureusement, il ne nous a pas été permis de prendre en main le Sherpa. C’est donc en tant que passager que que nous avons pu l’appréhender. Première étape, monter à bord, opération relativement physique étant la hauteur de caisse de l’engin. Une fois à bord, le journaliste automobile habitué aux berlines aseptisées voit ses critères normatifs bouleversés : pas de plastiques moussés, mais un imposant arceau qui ceinture l’habitacle, des sièges baquet frustres et des harnais ; on jettera un voile pudique sur la qualité des accostages ou sur les portes en polyester (afin de réduire le poids sur cette version « de course » dont le poids a été ramené à 6.5 tonnes) dont l’ajustement avec la carrosserie demande encore un peu de travail. Malgré l’immense habitacle, seulement quatre passagers peuvent prendre place à bord en raison de l’imposant tunnel central qui abrite la transmission. Très lisible, le bloc d’instrumentation central abrite les différentes commandes du Sherpa, dont celles du contrôle de pression des pneus ajustable depuis la cabine. Réglementation du Dakar oblige, on trouve également un marteau brise-vitre, une boussole et des interrupteurs électriques de coupe-contact. Le conducteur bénéficie d’un poste de pilotage très lisible… et les passagers arrière d’une glacière disposée sur la console centrale.
Une fois en mouvement, le Sherpa fait preuve d’un savoir-vivre étonnant ! Très sonore à l’extérieur, le moteur se fait plutôt discret dans l’habitacle. Curieusement, le confort de suspension se révèle impressionnant grâce aux amortisseurs à gaz Donner qui remplacent très avantageusement les ressorts des amortisseurs téléscopiques d’origine ; le même parcours (très accidenté) effectué à bord d’un Toyota Land Cruiser permet d’établir une comparaison : le Sherpa est nettement plus agréable. Evidemment, question performances, il faudra repasser puisque la vitesse maxi s’établit à 120 km/h, et il en va de même avec la consommation : avec un réservoir de 190 litres, l’autonomie s’élève à 850 km à une vitesse de 70 km/h. Du point de vue du conducteur, le Sherpa offre une prise en main très aisée. En effet, ses commandes se rapprochent fortement de celles d’une berline classique, à l’image de la commande de la boîte automatique. La conduite ne pose pas de soucis particuliers, puisque d’après les différente témoignages, on en vient à oublier que l’on est à bord d’un poids lourd. En revanche, question visibilité, les meurtrières qui font office de vitres handicapent quelque peu la visibilité ; cela dit, un monospace offre une protection assez réduite aux tirs d’armes lourdes.
Plutôt méconnu, le Sherpa pourrait prochainement faire parler de lui à l’occasion du Dakar 2009, on pourrait même le croiser un jour sur nos routes, officiant au sein des services d’urgence (pompiers, EFF…) dans les zones reculées. En ce qui concerne d’éventuelles version civiles, inutile d’espérer, il serait réservé au marché des Poids Lourds, à condition qu’il fasse preuve de la pertinence de cette commercialisation.
Reportage et photos réalisés par Jean-hilippe Coll.




























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